L’égoïsme est-il vraiment ce que l’on en pense ?

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Combien de fois ai-je entendu, « il ne faut pas être égoïste », « je ne suis pas égoïste », « Je ne sais pas penser à moi » ou « Je pense aux autres Moi ! » …

 

J’ai rencontré nombre de personnes qui donnent leur vie aux Autres et me répondent, « je ne sais pas être égoïste… » Je suppose alors que penser à Soi est un acte égoïste, pire même… Que cela n’est pas bien ! Et combien de fois, ces mêmes personnes ont pu dire à celles qu’elles aident « Pense à toi… Prends soin de toi… Amuse-toi ! C’est un comble ça !

 

Donc « faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais » ce vieille adage a la peau dure…

 

La vision que ces personnes « non-égoïstes » donnent du monde est que, faire les choses pour les autres, c’est bien !  Que les autres soient heureux est une priorité ! Mais que penser à soi est comme un acte répréhensible…

 

Cependant, quand ces Autres (à qui l’on veut du bien) parviennent tant bien que mal à trouver une once de bonheur, ces mêmes personnes « non-égoïstes » surprennent à avoir des réactions assez contradictoires (comme l’envie, la jalousie, la tristesse…) et lancent parfois des phrasés rabaissant ou culpabilisant.

 

Alors finalement, être égoïste, est-ce vraiment l’idée que nous nous en faisons ou bien encore une fois, l’effet d’une pensée collective vieille comme Herode, qui l’emporte sur la vision de l’égoïsme-sain. N’est-il pas possible de voir les choses autrement ?

 

Déjà, découvrons la définition de l’égoïsme :

« L’égoïsme est un tempérament qui consiste à avoir (dans une définition populaire) tendance à privilégier son intérêt propre aux dépens de celui du reste du monde en général, ou d’autrui en particulier »

(Source wikipédia)

 

Dans un monde où l’on s’interroge, et où de plus en plus l’Être Humain est incité à vivre l’épanouissement, à trouver son chemin, à être heureux et en bonne santé, la notion d’égoïsme est tenace…

L’égoïsme, selon sa définition, privilégie l’intérêt propre aux dépens de celui d’autrui ou du monde extérieur. Cependant, nous oublions certaines choses comme le fait :

  • Qu’en ne pensant pas à moi : je suis négligeable, je me mésestime ;
  • Qu’en ne m’accordant pas de temps :  je renonce à mes projets, à mes rêves – je dédaigne ma santé et mon équilibre ;
  • Qu’en ne m’accordant pas d’attention, d’intérêt : je cultive mon mal-être, mon désamour, un état d’être en souffrance ;
  • Qu’en ne me faisant pas plaisir : je m’oublie et déconsidère mes besoins et envies,  j’estime être « pas-malheureuse » et je déprécie la vie, je réduis l’importance de mon existence ;
  • Qu’en ne m’accordant pas de solitude : j’ignore la distance nécessaire à prendre vis à vis des Autres, des épreuves, des voies à emprunter, je fais mes choix en fonction de l’environnement extérieur en ignorant ce qui est bon pour moi.

 

Tout ceci influence l’environnement, les proches, la famille (enfants, parents, frères, soeurs…), les compagnons, les amis, les connaissances, les collègues, les personnes de passage… Quel exemple, quelle inspiration est offert alors ?

Par exemple, les parents sont l’exemple qu’un enfant a pour grandir, apprendre, s’épanouir… Mais ils sont aussi l’exemple de la vision de couple, de parents, père, mère et individus… Il ne faut pas croire qu’en prenant une décision pour le bien de l’enfant, mais qui ternit le bonheur de l’adulte, un service est rendu à l’enfant… Des parents qui restent ensemble pour le bien de l’enfant ou par peur de… Laissent une responsabilité à l’enfant qu’il ne peut assumer. Un enfant a besoin de savoir, de ressentir ce qu’est l’amour de deux personnes, pas des faux semblant qu’il est susceptible de reproduire lui-même ultérieurement… Plus tard, les parents diront vole de tes propres ailes, sépare toi si tu n’es pas heureux, la vie est trop courte… Mais c’est l’expérience qui est retenue, pas les mots qui volent et qui n’ont pas le poids des actes…

 

Voilà, en quelques sortes l’envers du décors d’une personne qui ne vit pas pour elle mais pour les Autres. Ainsi, elle se rend dépendante en vivant par procuration à travers son prochain…

 

Mais nous ne pouvons pas ignorer que les Autres nous influencent et que nous influençons aussi par notre façon de vivre. L’individu qui souhaite aider, doit s’aider lui-même ! Ce qui veut dire qu’il doit s’estimer ! S’aimer ! Vivre pour lui-même. Voilà, ce qu’une personne qui pense à elle réalise :

 

  • Elle emprunte et créée son chemin, en fonction de son seul regard ;
  • Elle prend du temps pour ce quelle aime ;
  • Elle se découvre, apprend à se connaître ;
  • Elle rencontre de nouvelles personnes et créée des relations choisies ;
  • Elle s’entoure de personnes qui lui corresponde ;
  • Elle apprend l’autonomie et devient indépendante et libre ;
  • Seule sa vision l’influence et lui permet d’avancer ;
  • Elle prend du recul, de la distance pour entendre et suivre ses intuitions ;
  • Elle prend soin de sa santé, de son équilibre, cultive sa joie de vivre ;
  • Elle vit selon ses principes, sa philosophie ;
  • Elle fait les choix libres qui lui convienne ;
  • Elle est fière de ses réussites et assume ses erreurs ;
  • Elle accorde une réelle importance à ceux qui l’entoure ;
  • Elle s’approprie la responsabilité de sa vie ;
  • Elle est son bonheur ;
  • Elle apprécie la et sa vie en étant l’actrice …

 

Mais surtout…

  • Et elle ouvre de nouvelles perspectives, créée de l’inspiration et donne l’espoir aux Autres d’une vie meilleure ;
  • Elle est un miroir qui suscite l’intérêt et l’impulsion du possible ;
  • Elle aide par sa façon de vivre, ceux qu’elle côtoie à devenir autonomes, indépendants et libres ;
  • Elle favorise l’idée d’une vie différente et singulière ;
  • Elle permet d’être son propre pilier et d’être libre d’un environnement extérieur ;
  • Elle inspire à être sa propre voie-x
  • Elle libère ceux quelle aime de l’inquiétude, de la responsabilité qui lui incombe et rassure…

 

Une personne « égoïste » dans une mauvaise définition, est finalement une personne qui en étant elle-même et en vivant pour elle-même… Invite les Autres à ouvrir leur propre porte et suscite l’envie de se créer un monde heureux, épanouis et acteur de sa propre vie.

 

Une personne « non-égoïste » dans la fausse bonne image faite, est une personne qui cultive sa vie dans celle des Autres sans regarder la sienne et s’y plonge pour s’oublier. Elle génère alors le même conflit auprès des personnes qu’elle aide et dont elle veut le bonheur. Sans s’apercevoir, le jour où un de ces individus se créé un peu de chance – qu’elle est susceptible de ressentir des émotions contradictoires…

 

Ne pas confondre avec l’égoïste-narcissique qui utilise les autres pour son propre bénéfice – les autres sont sa source, il y puise jusqu’à ce qu’elle se tarisse puis passe à une autre…

 

Alors finalement, l’égoïsme n’a t-il pas sa part de nécessité dans le monde et empêche t-il les personnes qui nous entourent de vivre autrement, mieux et heureux ?

D’ailleurs, si nous observons bien, celui qui pense à lui ne le fait pas aux dépens des autres mais propulse une vague d’énergie inspirante et libératrice – A contrario, celui qui ne pense pas à lui, dépend de l’Autre et créé ce même effet de dépendance des Autres envers lui-même.

 

 

Personnellement, j’apprécie cet égoïsme sain qui m’a permis au fil du temps d’être heureuse de ma vie, de la dessiner au plus près de ce que je désire. Il m’a fait ouvrir des horizons inconnus, des parties de moi insoupçonnées  et une joie immense à continuer la poursuite d’un chemin dont j’ignore totalement le tableau. Penser à moi, m’a permis de déconstruire cette dépendance invisible et à créer une autonomie autour de moi. Ma joie est d’observer qu’au fil du temps et de mes efforts pour acter mon bonheur, des graines se sont semées, ont germé dans d’autres esprits et font leur chemin.

 

Apprendre à penser à Soi n’est pas un acte d’égoïsme malsain, bien au contraire. Nous sommes tous un exemple qu’on le veuille ou non pour ceux qui nous entourent et que nous rencontrons. Alors est-il mieux de vivre pour les autres sans se soucier de son propre bonheur ?  ou  Est-il mieux de penser à Soi, apprendre à être heureux, faire des choix pour Soi et susciter cette ferveur aux autres ?

 

Aider, c’est d’abord s’aider avant de mieux aider l’Autre.  Nous ne pouvons convaincre que la vie vaut d’être vécue sans le ressentir et l’expérimenter soi-même.

 

 

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Copyright Myriam Haudebert « Myriânge Coev » – www.photo-videotherapie.fr

 

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